Simple fidèle de l'Église catholique à Montpellier (Hérault), assistant souvent aux offices du couvent des frères Carmes.
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mardi 16 juillet 2013
Représentation dévoyée de Marianne sur le nouveau timbre
François Hollande a fait son choix pour représenter Marianne sur les nouveaux timbres de La Poste. C'est un dessin inspiré par Inna Shevchenko, fondatrice des Femen, qui est poursuivie en Ukraine pour avoir scié une croix érigée en 2004 par les catholiques uniates de Transcarpathie en mémoire des victimes torturées et assassinées entre 1920 et 1930 par la Tchéka-NKVD.
Même s'il semble qu'elle se soit trompée, pensant s'en prendre à un symbole de l’Église orthodoxe, elle est légitiment poursuivie pour ce fait à la fois délictueux et profondément insultant pour la mémoire des victimes du communisme en Ukraine. Le fait de s'appuyer sur ces risques de poursuite pour accepter son asile "politique" en France, tout en refusant celui d'Edward Snowden (!), est déjà choquant. Mais le fait de choisir cette personne comme inspiratrice de Marianne sur les timbres est un scandale, tout simplement.
Sources : le blog d'Hélène Richard-Favre et celui de Koztoujours.
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dimanche 14 juillet 2013
Une joie, une préoccupation et une espérance
En ce 14 juillet, jour de fête nationale, j'ai une joie, une préoccupation et une espérance.
1) Une joie d'abord : suite au jugement en appel du 9 juillet dernier, Nicolas Buss a été libéré. A ce sujet, le site de La Croix est assez factuel et montre une tension certaine : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Nicolas-Buss-militant-de-la-Manif-pour-tous-libere-2013-07-09-984365. Le jeune a une attitude digne et courageuse, comme le relève le blog "d'un pélerin": http://assum.over-blog.org/le-proc%C3%A8s-de-nicolas-en-vrai. Mais ces informations montrent aussi que toute la justice n'a pas été rendue à Nicolas. Il a bien été libéré, mais cette libération a été assortie d'une amende et l'illégalité de son arrestation, de ses gardes à vue abusives (le 25 mai comme le 16 juin) et du traitement judiciaire de son cas n'a pas été reconnue. Il a été libéré mais non réhabilité, mais non innocenté, comme le signale le site Aleteia : http://www.aleteia.org/fr/politique/actualites/manif-pour-tous-nicolas-libere-mais-pas-innocente-2460001.
L'article de La Croix mentionné ci-dessus donne aussi le message d'apaisement de parents du jeune Nicolas. Lui-même a aussi adressé un message dans ce sens sur le site de Twitter : http://www.twitlonger.com/show/n_1rl9bfk. Le site de la Manif pour Tous avait aussi fait un communiqué d'apaisement, tout en rappelant quelques vérités : http://www.lamanifpourtous.fr/fr/toutes-les-actualites/728-la-manif-pour-tous-se-rejouit-de-la-remise-en-liberte-de-nicolas.
Donc cette joie n'est pas complète.
2) Une préoccupation ensuite : la répression a bien eu lieu (voir à ce sujet la résolution du Conseil de l'Europe dans un article précédent et voir aussi cet article d'Aleteia : http://www.aleteia.org/fr/politique/actualites/repression-des-manifs-pour-tous-leurope-condamne-et-enquete-2257001) et rien ne dit qu'elle ne va pas se poursuivre. Il n'est qu'à voir les réquisitions du parquet lors de ce procès en appel.
Le pouvoir politico-médiatique a favorisé les amalgames douteux dans le cas de la mort de Clément Méric, comme l'a révélé la station RTL : http://www.rtl.fr/actualites/info/article/clement-meric-la-video-de-l-agression-a-parle-7762597802, et dans le cas de l'agression du 8 avril, revendiquée comme homophobe par le lobby LGBT, pour laquelle les manifestants pour la famille étaient bien hors de cause, comme le confirme l'article de Causeur, signé par Jacques de Guillebon : http://www.causeur.fr/homophobie-manif-tous,23370. Mais le pouvoir politico-médiatique a fait aussi dans la mesquinerie sectaire avec la demande d'expulsion de Frigide Barjot et de son mari Basile de Koch. Ceux-ci ont pu s'expliquer en vérité dans une lettre ouverte: http://www.causeur.fr/barjot-de-koch-appartement-paris,23197. Ce pouvoir est vraiment minable.
Par ailleurs ce pouvoir continue ses velléités de légiférer, aveugle et sourd aux opinions raisonnables contraires : après le cas du mariage pour tous, il prévoit de légiférer en force sur la recherche sur les embryons et sur l'euthanasie, au mépris de toute concertation sérieuse avant une réforme sociétale ! Ces lois ou projets de loi sont instrumentalisés pour faire oublier l'impuissance du pouvoir en matière économique; ils ne font qu'attendre la reprise ! Et il faut aussi relever le dédain affiché vis à vis des classes populaires françaises ! Mais Mgr Aillet le dit mieux que moi dans cet article d'Aleteia: http://www.aleteia.org/fr/religion/documents/mgr-marc-aillet-un-ete-a-haut-risque-2491001.
3) Mais Je conserve une espérance : une lumière apparaît dans cette obscurité.
Ne faudrait-il qu'attendre les prochaines élections ? N'y a-t-il aucune opposition digne de ce nom en France ? Le projet "méta-politique" du mouvement de l'écologie humaine me semble plus sérieux (cf. sur le site d'Aleteia : http://www.aleteia.org/fr/mode-de-vie/documents/ecologie-humaine-etre-uns-ensemble-2432001. Le mouvement des Veilleurs (assis ou debout) me semble aussi porteur d'espérance pour sortir du totalitarisme actuel (au sens d'Hannah Arendt dans sa réflexion sur la banalité du mal : qui refuse toute pensée approfondie et enracinée, et toute vie intérieure véritable).
Mais plus encore la foi est une lumière, comme le proclame la dernière encyclique du pape François. Notre temps en a singulièrement besoin !
"Notre secours est le nom du Seigneur" (Ps 123)
mardi 9 juillet 2013
En espérant qu'il soit libéré le 9 juillet...
Une vidéo super sympa pour Nicolas Buss, qui a été mis en prison au mépris de toute vraie justice. L'affaire Nicolas a permis de constater le délit d'opinion en France (cf. ci-dessous).
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dimanche 7 juillet 2013
Communiqué du collectif des avocats des veilleurs
"La Strasbourgeoise, chant des Veilleurs debout" (lire à ce propos l'excellent article de l'Italienne Irene Pasquinucci sur le site Aleteia, "Veilleurs debout : « Ils ne savaient pas que c’était impossible… »")
Très utile communiqué du collectif des avocats des Veilleurs, suite aux restrictions aux libertés publiques en France, imposées par un pouvoir abusif.
En mai 2013, lorsque nous avons décidé de manière spontanée de créer « le Collectif des Avocats Veilleurs », nous n’avions en tête qu’une seule mission. Lors des veillées, nous voulions simplement veiller sur les Veilleurs. Nous pensions qu’il était utile de mettre notre statut d’avocat au service des Veilleurs pour servir de courroie de transmission entre les autorités et les Veilleurs. L’objectif de ce collectif, qui compte actuellement 14 avocats, était de parlementer avec les autorités et les forces de l’ordre pour permettre aux Veillées de se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Nos discussions avec les commissaires se passaient d’ailleurs bien.
Mais depuis les 52 arrestations de la République de la semaine dernière, notre mission a pris une autre dimension. Notre mission n’est plus seulement de veiller sur les Veilleurs mais aussi de défendre les droits de ces Veilleurs arrêtés et privés illégalement de leurs libertés. Cette mission nous ne l’imaginions pas. Elle s’est imposée à nous.
Sur les 52 arrêtés de la République, 40 d’entre eux sont entrés en relation avec nous la nuit même et nous ont raconté ce qu’ils ont vécu. Les comptes-rendus écrits qu’ils nous ont adressés sont extrêmement précis et détaillés. Alors que ces personnes ne se connaissent pas et ne se sont pas concertées. Ces témoignages sont parfaitement concordants. Ils racontent tous comment il a été choisi par les autorités de passer ce soir-là à une phase répressive contre les Veilleurs alors que ceux-ci avaient fait la preuve mois après mois de leur pacifisme absolu.
De la manière la plus illégale, il a été ordonné aux forces de l’ordre présentes ce soir-là d’arrêter des veilleurs, de les embarquer dans des bus cellulaires et de les conduire dans des commissariats de police pour procéder à des vérifications d’identité. 52 des Veilleurs de la République ont ainsi été arrêtés, amenés de force dans un bus cellulaire, entassés dans celui-ci pour être conduits au tristement célèbre commissariat de la rue de l’Evangile. Enfermés à l’intérieur du bus, ils ont attendu plus d’une demi-heure dans la cour du commissariat de la rue de l’Evangile avant de pouvoir sortir par groupes de 5 de même sexe. Ils ont alors subi des palpations de sécurité mais aussi, de manière illégale, la fouille de leurs sacs, de leurs poches, de leurs vestes, etc. Chaque groupe a ensuite été conduit dans des bureaux pour être interrogé par des policiers. Ce n’est qu’à ce moment que ces Veilleurs ont appris qu’ils étaient là pour une procédure de vérification d’identité.
Parmi ces 52 personnes, il y avait majoritairement des jeunes d’une vingtaine d’années mais aussi des pères et des mères de famille. Il y avait aussi une mineure de seize ans. Les témoignages de ces personnes expriment tous le malaise de la police face aux ordres qu’ils recevaient qui consistaient à détourner totalement la procédure de vérification d’identité de son objet pour servir des ambitions politiques. En effet, en application de l’article 78-3 du Code de procédure pénale, la procédure de vérification d’identité qui a été mise en œuvre n’est possible que lorsqu’une personne qui a fait l’objet d’un contrôle d’identité préalable sur le lieu de son arrestation n’a pas pu justifier de son identité ou a refusé de le faire.
Dans notre cas, chacun des Veilleurs avait sur lui sa pièce d’identité. Or, au moment de leur arrestation, il ne leur a pas été demandé de justifier de leur identité. Certains ont même brandi leurs papiers au moment de leur arrestation. Les films, les photographies et les témoignages sont très clairs.
Nous voudrions vous lire ici quelques citations de ces témoignages qui témoignent du malaise des policiers.
Voici quelques phrases exprimées par les officiers de police judiciaire au commissariat cette nuit-là et entendues par les Veilleurs. Chacune de ces citations est extraite d’un témoignage.
« Depuis le début ce n’est qu’une mascarade, des arrestations purement politiques ; faites un sondage dans le commissariat et je vous parie que 90% sont de votre côté et vous soutiennent »
« Vous êtes ici pour des raisons politiques. Nous le savons. J’ai un devoir de réserve alors je ne devrais pas vous le dire mais je vous le dis quand même. Nous savons que c’est pour des raisons politiques que l’on nous demande de vérifier votre identité. Des sans-papiers manifestent illégalement devant la mairie du 11ème et là on nous demande de ne pas intervenir. Nous sommes écœurés. Je suis avec vous et je peux vous dire que je ne suis pas le seul ici. »
« Nous avons autre chose à faire. On ne fait pas notre travail là. »
« Je préférerais aller m’occuper des voleurs et autres délinquants »
« Je ne savais pas qu’il était interdit de s’asseoir par terre dans la rue. C’était où ? Place de la République parce qu’il faudra que je fasse attention à ne pas m’asseoir là demain. Tout ça pour remplir des tableaux »
« Mais vous n’êtes pas le centre du monde. Nous devons nous occuper de la délinquance aussi »
« Il est dommage que l’on nous emploie de la sorte »
Il y a même un policier qui au moment du départ a dit à un petit groupe « Ne lâchez rien. Votre combat, il est noble » Quel était l’objectif poursuivi par les autorités lorsqu’elles ont donné l’ordre de procéder à ces arrestations ? L’objectif était-il de ficher les Veilleurs ou était-il de tenter de les effrayer ? Etait-ce les deux ? Une chose est sûre, en lisant les témoignages qui nous ont été adressés, cette expérience n’a fait que renforcer la détermination de ces Veilleurs dans leur action.
Malgré ce malaise exprimé, et c’est l’un des enseignements de cette soirée, ces policiers ont exécuté ces ordres. Ainsi, ces policiers ont dans leur majorité déconseillé à ces Veilleurs d’exercer leurs droits en leur laissant croire que cela allait accélérer leur libération. Ces policiers ont contraint ces Veilleurs à signer des papiers qu’ils n’avaient pas intérêt à signer et que alors que ça n’était pas une obligation. Ces policiers ont contraint beaucoup de ces Veilleurs à donner leur numéro de téléphone alors qu’ils n’en avaient pas le droit. Ces policiers ont modifié les procès-verbaux pour satisfaire à des ordres de détournement des procédures.
L’un des Veilleurs nous raconte « Quand j’ai vu qu’il rajoutait une case sur le PV. Je lui ai demandé si c’était normal. Il m’a dit qu’il trouvait ça lui aussi anormal. » Ces policiers ont refusé de remettre à ces Veilleurs une copie du procès-verbal qu’ils avaient ou non signé alors qu’ils avaient l’obligation de le leur remettre en application des dispositions de l’article 78-3, alinéa 8, du Code de procédure pénale qui prévoit qu’une copie du procès-verbal de vérification d’identité dressé doit être remise à l’intéressé.
Afin d’obtenir ces procès-verbaux trois avocats du collectif ont adressé ce matin une lettre au Procureur de la République au nom de 28 de ces Veilleurs pour obtenir tous les actes de la procédure.
Si certains d’entre vous faisaient partie de ces Veilleurs arrêtés et souhaitent nous confier ce mandat, ils peuvent nous envoyer un mail à l’adresse suivante : avocatsveilleurs@gmail.com
Vous pouvez aussi nous adresser à cette adresse mail toutes les photos et vidéos que vous pourriez avoir des arrestations du 26 juin 2013.
Aussi, il nous appartient aujourd’hui de mettre en garde les Veilleurs.
La police que nous respectons a deux fonctions la première de protection la seconde de répression. Lorsque les forces de l’Ordre vous arrêtent, elles changent de mission. Vous devenez un délinquant potentiel qu’elles doivent confondre. La fin justifie alors souvent les moyens. Aussi, il est important que vous-même vous changiez d’attitude et deveniez méfiant. Pour illustrer ces propos, nous voudrions vous lire la quasi-totalité de l’un des témoignages que nous avons reçu. Il illustre parfaitement le thème de ce soir « Liberté et Responsabilité ». Etre pacifique ne signifie pas être passif. Etre veilleur c’est être éveillé.
« Deux gendarmes s’approchent de moi, me demandent de me lever et devant mon immobilisme, ils m’agrippent pour m’emmener dans le bus. La partie “réservée” du bus est pleine, les gendarmes nous demandent de nous serrer mais nous leur disons qu’il n’y a plus de place. Ils sont courtois et plutôt souriants. A l’intérieur nous chantons le chant de l’espérance et attendons dans le calme. Il semble qu’il y ait des négociations et attente d’ordres. Le bus démarre finalement. Après environ 1/2 d’heure de route le bus s’arrête et nous attendons encore. Il est environ 2h lorsque les gendarmes nous font sortir par groupes de 5 personnes alternativement hommes et femmes. Nous nous retrouvons dans la cour du commissariat de la rue de l’Evangile. Je me fais fouiller par une femme policière puis on me fait entrer dans un couloir pour patienter. Je demande à aller aux toilettes. Un policier m’indique des toilettes chimiques dans la cour, il va chercher la clé et m’accompagne. Comme il n’y a pas de lumière à l’intérieur, je demande une torche à une policière à coté, qui accepte de me donner la sienne. Je retourne ensuite dans le couloir. Je discute rapidement avec le policier souriant qui nous garde, et lui explique que nous sommes des Veilleurs et défendons la place de l’homme dans notre société de manière plus générale que la seule opposition à la loi Taubira. L’attitude cordiale et même sympathique des différents policiers rencontrés me met en confiance et je ne me sens donc nullement inquiétée.
Je suis ensuite dirigée dans une pièce avec trois bureaux et orientée vers celui du fond. Là, deux personnes sont assises de part et d’autre d’un bureau et je crois d’abord que l’un d’eux est un veilleur interrogé. Lorsque je comprends le quiproquo et que les deux policiers s’adressent à moi (qui reste donc debout a côté puisque la chaise est utilisée), nous échangeons quelques phrases amusées. Et je suis à nouveau étonnée de l’esprit bon enfant et léger de la discussion. Ils me demandent un document d’identité. Celui qui remplit un papier fait un commentaire amusé (…) sa collègue rit et n’est pas franchement concentrée sur ce qu’ils sont en train de faire, bien que je comprenne qu’elle semble en formation. En voyant mon appareil photo en bandoulière, elle me demande souriante si j’ai pris des photos. Je lui réponds que j’en ai pris de la veillée, elle me demande si elle peut en voir et je lui dis que j’ai enlevé la carte mémoire. Elle rigole en disant que c’est dommage, elle aurait bien voulu voir.
Le policier, tout en remplissant ses papiers, mon passeport à la main, ne m’a toujours rien dit de la procédure qu’ils sont en train d’effectuer, ni de la nature du document qu’il remplit. Rien ne m’a encore été dit sur la raison de mon interpellation. Il fait un commentaire sur le fait que le commissariat est très excentré ce qui risque d’être compliqué pour rentrer ensuite chez soi. Dans l’ambiance sympathique de nos échanges, je leur dit que personnellement, ça m’arrange car j’habite dans le (…)ème et que ce sera vite fait en Vélib. J’en viens spontanément à leur donner mon adresse alors qu’ils ne me l’ont pas demandé officiellement. Le policier me la fait préciser et l’écrit sur le document. Lorsque je lui demande s’il en a vraiment besoin il me confirme que oui, et me demande aussi mon n° de téléphone.
Toujours au milieu de nos échanges informels (le policier justifie sa bonne humeur du fait qu’il part le lendemain en vacance) et tandis que, toujours debout, je demande à un veilleur à côté s’il a une bouteille d’eau, il me demande de signer le document rempli, ce que je fais spontanément. Puis comme je garde les deux feuilles dans les mains, le policier me dit que rien n’est pour moi, c’est lui qui garde les feuilles. Je lui demande d’en avoir un exemplaire et il me répond que ce n’est pas possible. Je lui demande de prendre quand même le temps de les lire, et regrette de ne pas avoir été plus concentrée jusqu’à maintenant au lieu de bavarder avec ces policiers. Ils minimisent le document en disant que ce n’est qu’une formalité et que vraiment, je n’ai pas à m’inquiéter. Je demande donc le motif de l’interpellation et la nature du document signé. Ils me disent qu’il s’agit d’un contrôle d’identité. Je réponds qu’il n’est pas légal d’emmener quelqu’un au commissariat pour un contrôle d’identité s’il a ses papiers sur soi. (…) Sur les deux feuilles mal photocopiées, j’essaie de lire rapidement et de comprendre ce que signifient précisément les phrases. A la main le policier a indiqué « manifestation non déclarée et refus de dispersion après sommations ». Mes deux policiers continuent à minimiser l’importance du document et m’indique que c’est bon, je peux y aller.
Je les quitte et me retrouve dans la cour avec d’autres veilleurs. Une veilleuse a encore les papiers en mains et me dit qu’elle n’a pas signé, je suis étonnée et raconte qu’il m’a été refusé de garder le document, et que je ne savais pas que j’étais en droit de ne pas signer un document alors que j’étais interpellée. Je leur raconte que je regrette de ne pas avoir été plus attentive et d’avoir discuté joyeusement avec les deux policiers pendant qu’ils remplissaient le document. Sur ce, un policier arrive et récupère les feuilles de la jeune fille. Je me dirige alors dans le couloir vers des policiers et demande s’il est possible de revoir le document que j’ai signé ou d’en avoir un exemplaire. Je me retrouve alors face à des policiers dans une toute autre disposition que les précédents. Ils refusent de manière sèche et me disent de retourner dans la cour. Le répète que j’aimerais juste revoir le document une minute et c’est tout, qu’il y a peut-être un délai pour revoir une déclaration. Je suis entourée de quatre policiers qui me disent que ce n’est pas possible, un point c’est tout, et que j’arrête d’insister sinon ça risque de se compliquer pour moi. Je dis que je vérifierais avec un avocat ces interdictions et je demande à un policier son matricule, ce qu’il refuse de faire. Un policier me dit : « ça ne sert à rien d’insister, on sera plus têtus que vous », je lui réponds : « en même temps c’est facile de dire cela, vous êtes 4 policiers et je suis seule ». Un autre policier ajoute avec un sourire narquois : « et en plus vous êtes une femme… ». Je suis très choquée par la tournure que prend la situation (tellement opposée à celle vécue jusqu’à présent), et par la phrase sexiste du policier et je lui demande de répéter ce qu’il vient de dire. Les autres changent de sujet et me demandent fermement de retourner dans la cour, ce que je fais. Certains policiers me suivent dont celui qui est particulièrement agressif à qui je répète que je suis choquée par ce qu’il a dit et que je souhaite être traitée avec respect. Celui–ci me dit en me fixant et avec mépris « arrêtez votre petit jeu là », « vous êtes vraiment trop ridicule », « heureusement que tous les autres ne sont pas comme vous », « arrêtez parce que là vous êtes carrément puérile ». Je suis extrêmement troublée par l’attitude de ces policiers qui essayent de me déstabiliser et de me pousser dans mes retranchements, alors que les précédents avaient une attitude très légère et sympathique. Pendant que le policier et son collègue nous raccompagnent jusqu’à la sortie, je réussi à rester calme et à ne plus répondre (bien que je sois vraiment écœurée) et il continue jusqu’au bout à me fixer du regard et à m’adresser des phrases désagréables.
Je reste perplexe et me demande alors si la bienveillance des premiers policiers était feinte et destinée à endormir ma vigilance et à me mettre dans une disposition de signer le document sans me méfier. Il m’a semblé que le document que remplissaient les policiers était une formalité obligatoire et que je n’avais pas d’autres choix que de le signer. »
Ce témoignage est corroboré par trois autres témoignages.
Un premier Veilleur raconte : « Une jeune fille est raccompagnée à son tour, l’agent demandai une copie de son procès-verbal ce qui semblait être le motif de l’emportement du policier, qui le lui refusait fermement »
Un deuxième Veilleur indique : « En suivant ce couloir j’assiste à un échange assez vif entre une jeune femme et un policier. Cette dernière voulait récupérer un document mais on lui affirme que c’est trop tard. Elle est alors l’objet de quelques moqueries par les policiers présents. »
Un troisième Veilleur explique : « Je vois alors devant mes yeux une femme interpellée arrivant en criant avec un policier. Les propos sont d’après mes souvenirs assez violents. L’un des policiers lui dira par exemple qu’ « elle n’est pas une fillette ». Il y avait à l’origine une histoire de papier qu’elle voulait voir et on lui a dit que c’était trop tard ».
Au regard de ce qui s’est passé mercredi dernier et de ce qui se passe de manière générale, il nous est apparu important de vous rappeler quelques règles de bonnes pratiques.
Tout d’abord nous invitons à imprimer, à lire et relire le guide du manifestant arrêté publié par le Syndicat de la Magistrature et à l’avoir avec vous.
De manière générale :
- Restez toujours POLI ET COURTOIS avec les forces de l'ordre. Vouvoyez même en cas de provocation ou de violence à votre égard.
- N'ayez jamais sur vous un objet qui puisse être considéré comme une arme. Attention un couteau, même opinel ou couteau suisse, est considéré comme une arme.
- Ayez toujours sur vous une pièce d'identité.
- Ayez un papier sur lequel sont inscrit des numéros de téléphone d'avocats
- Ayez des petits papiers avec nom, numéro de téléphone, adresse mail pour le donner en cas d'arrestation à des témoins
- Récupérez le mail et téléphone des personnes interpellées devant vous ou avec vous
- Filmez et photographiez les arrestations et contrôles. Sur la voie publique, les policiers ne peuvent sous aucun prétexte : vous interdire de filmer ou de prendre des photos ; confisquer votre appareil de photo, votre caméra ou votre Smartphone ; exiger que vous détruisiez vos images.
Le contrôle d’identité sur la voie publique :
- Restez poli et courtois pour éviter le délit d’outrage.
- Ne répondez à aucune provocation, violence physique ou verbale.
- Vous pouvez rappeler aux forces de l'ordre leur devoir de correction, aimablement.
- Présentez les papiers d'identité.
- Ne tentez pas de vous soustraire par force pour éviter le délit de rébellion ou violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
- Les forces de l'ordre peuvent faire une palpation de sécurité, par un policier de même sexe mais pas de fouilles (poches, sacs, etc.). En cas de fouille, ne résistez pas mais rappelez au policier qu'il n'a pas le droit de le faire. Obtenez son matricule.
- Ayez des témoins. Filmez, photographiez.
- Vous n'avez pas à donner votre numéro de portable.
L'arrestation ou déplacement vers un commissariat dans un bus cellulaire :
- Si violence, ne résistez pas mais rappelez au policier qu'il n'a pas le droit de le faire. Obtenez son matricule.
- Ayez des témoins. Filmez, photographiez.
- Ne répondez à aucune question hormis votre identité.
- Vous n'avez pas à donner votre numéro de portable.
- Partagez votre adresse mail, téléphone et nom avec vos voisins d'infortune.
- Prévenez des avocats ou des amis. Faites des SMS sinon pour alerter.
Au commissariat :
- Attendez calmement et gardez le silence sauf pour confirmer votre identité.
Si on vous dit que c'est une vérification d'identité :
- Normalement une vérification d'identité qui prive de liberté ne peut être mise en œuvre que si vous ne pouvez pas les présenter. Indiquez que vous les aviez et qu'on ne vous les a pas demandés. Demandez en vertu de quoi vous avez été arrêté et privé de votre liberté. Et demander à voir l'acte en vertu duquel la procédure de vérification est mise en œuvre (réquisitions du procureur).
- EXIGEZ UNE PROCEDURE ECRITE ET LE RESPECT DE VOS DROITS : EXIGER QUE LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE SOIT PREVENU Y COMPRIS SI ON VOUS DIT QU'IL L'EST DEJA.
- Vous n'avez pas à donner votre numéro de portable
- La durée de la vérification est de 4 heures maximum à compter de l'interpellation.
- Vous n'avez pas l'obligation de signer un quelconque document y compris le procès-verbal, et même s'il vous semble ou qu'on vous indique que c'est conforme à la réalité. Par exemple : Si vous signez, il pourrait arriver que vous avouiez ainsi, sans l'imaginer et malgré vous, votre implication dans une infraction. Attention !
- N'indiquez pas votre intention de signer ou pas, relisez attentivement le document et exigez les modifications si vous n'êtes pas d'accord.
- Exigez une copie.
- Si vous refusez de signer finalement, vous pouvez indiquer les raisons en bas du procès-verbal. Même si vous ne le signez pas, Exigez d'en avoir une copie
Si on vous dit que c'est une garde à vue :
- Sachez que votre portable sera examiné. Le seul fait de l'éteindre ou ne pas donner son code n'est pas une protection suffisante du contenu.
- La garde à vue ne peut être prononcée que par un Officier de Police Judiciaire (OPJ). Elle peut-être de 24 à 48 heures. La durée commence à l'heure d'interpellation.
- GARDEZ LE SILENCE, demandez à voir un médecin, demandez à voir un avocat et si vous n'en connaissez pas, demandez un avocat commis d'office.
- Ne rien dire ou signer sans avoir l'avis d'un avocat, malgré tout ce qu'on pourra vous dire. Vous avez droit à un entretien confidentiel de 30mn avec lui. Vous pouvez demander qu'il soit présent à toutes les auditions et interrogatoires.
- Les documents qu'on peut vouloir vous faire signer sont : Notification des droits, Inventaire de la fouille, Rendu de la fouille, Procès-verbal d’audition, Notification de fin de garde à vue, Le registre des gardes à vue tenu par le commissariat. Certains de ces documents sont réunis sur une même feuille quand ils sont présentés à la signature.
- Signer signifie que vous reconnaissez tout ce qui est mentionné dans le document concerné et peut constituer un aveu définitif.
- Il vaut mieux ne rien signer car tout détail a son importance et peut changer des choses ultérieurement.
- Relisez le procès-verbal d'audition attentivement.
- Si votre intention est de ne pas signer, ne le faites savoir qu’à la fin et après relecture des documents."
Source : Le Salon Beige
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dimanche 30 juin 2013
Message sur Fb de la maman de Nicolas B
Un message de la maman de Nicolas Bernard-Buss a été posté sur le site Fb de soutien. Je le reproduis ci-dessous. Son incarcération reste un scandale, mais on peut se réjouir que les conditions d'incarcération se soient un peu améliorées et qu'il y ait cette perspective de libération du 9 juillet, bien tard tout de même... trop tard !!!! Cette tache restera sur la Présidence de François Hollande, avec les restrictions aux libertés publiques à l'encontre des opposants à la loi sur le mariage et l'adoption. Le comportement des responsables politiques est indigne de la France.
[Message reçu de la maman de Nicolas]
Maryvonne Buss
Sujet: Des nouvelles de Nicolas
Cher tous,
Un immense merci pour votre soutien à Nicolas.
Il nous est difficile de vous répondre personnellement compte tenu du nombre de mails mais du moins pouvons-nous partager quelques nouvelles avec vous.
Après les premiers jours très rudes de sa période de détention, Nicolas va mieux.
Deux événements l'ont aidé à retrouver le moral :
-son transfert dans un nouveau bâtiment (le D3), avec une cellule rénovée et surtout une douche à disposition. Il n'avait pu en prendre aucune pendant 10 jours.
-l'annonce d'une date d'audience (le 9 juillet) qui examinera sa demande de mise en liberté.
Nicolas est très conscient de l'extraordinaire mobilisation en sa faveur, ne serait-ce que grâce aux lettres qu'il reçoit (plusieurs centaines par jour).
Il a aussi appris l'initiative toute récente des "Veilleurs debout", déjà présents dans 50 villes en France, et cela l'a beaucoup ému
Ses journées restent austères puisqu'il est à l'isolement (une mesure qui n'est pas spécialement punitive, mais plutôt protectrice). Cela signifie qu'il ne voit personne et prend tous ses repas dans sa cellule. Il peut sortir en promenade deux fois par jour mais uniquement avec des gardiens.
Il reçoit heureusement la visite de ses avocats, qui essaient de se relayer d'un jour sur l'autre, et de l'aumônier de son bâtiment.
De notre côté nous attendons toujours de pouvoir le visiter. Une autorisation de visite a été transmise aujourd'hui par le greffe pénal à Fleury Mérogis mais à l'intérieur même de la Maison d'arrêt, il faut plusieurs jours pour que la demande soit traitée.
La prison est une grosse machine administrative où tout prend du temps...
Plus que jamais Nicolas a besoin de vos prières, certes en faveur de sa libération mais au-delà et surtout, pour qu'il reste ferme dans ses convictions pacifiques et qu'il ressorte mûri de cette épreuve.
Avec toute notre amitié,
Maryvonne et Wojtek
Voici son adresse si vous souhaitez lui écrire :
Nicolas Buss
n° 404 247 // D3
M.A de Fleury
7 avenue des Peupliers
91700 Fleury Mérogis
Source : site de soutien à Nicolas sur Fb
samedi 29 juin 2013
La France épinglée par le Conseil de l’Europe à propos de la répression policière des "Manif pour tous"
C'est un événement important pour tous ceux, opposants à la loi sur le mariage et l'adoption par les homosexuels, qui ont eu à souffrir des restrictions aux libertés publiques en France, surtout depuis le 24 mars semble-t-il. Voici ce qu'en dit le site Aleteia. La vidéo est intéressante, car les quelques maladresses d'expression traduisent bien l'émotion des personnes qui sont intervenues pendant l'audience.
Lors de la procédure dite de débat d’urgence, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté ce 27 juin 2013 par 106 voix contre 15 et 14 abstentions une Résolution intitulée « Manifestations et menaces pour la liberté de réunion, la liberté des médias, et la liberté d’expression » (doc. 13258).
Cette résolution dont l’objet initial était de dénoncer la répression des manifestations en Turquie a été étendue à la situation française et aux évènements ayant eu lieu à Stockholm.
Par cette Résolution, « L’Assemblée déplore les récents cas de recours excessif à la force pour disperser les manifestants et réitère son appel aux autorités de veiller à ce que l’action de la police, si elle est nécessaire, reste proportionné » ; elle demande en outre à ces Etats de respecter les droits et libertés.
L’introduction dans cette résolution de la situation française fait suite à l’audience publique organisée le 26 juin 2013 à l’APCE à l’initiative du Parti Populaire Européen et du European Centre for Law and Justice, en présence notamment de Luca Volontè, député, de Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour Tous, de Béatrice Bourges, du Printemps française et de Madeleine et Jean-Baptiste, des Veilleurs. Durant cette audience fut présenté notamment un rapport présentant des témoignages de victimes de répressions policières.
Voici la vidéo de l'audience au conseil de l'Europe et le texte final de la résolution ("Manifestations et menaces pour la liberté de réunion, la liberté des médias et la liberté d'expression").
Source : site Aleteia
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mercredi 26 juin 2013
Discours des Veilleurs (Madeleine et Jean-Baptiste) au Conseil de l'Europe le 26 juin 2013
Discours des Veilleurs (Madeleine et Jean-Baptiste) au Conseil de l'Europe le 26 juin 2013 sur "la Manif pour Tous et la répression policière"
"Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, alors que le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe allait être adopté par le pouvoir législatif en France, au terme d’un processus parlementaire accéléré, 67 jeunes opposés au mariage homosexuel décidèrent de camper pacifiquement et sans bruit devant l’Assemblée nationale. La chose n’était pas inédite : entre autres exemples, des enfants de harkis avaient déjà choisi de camper sur ce lieu, en 2009, pendant 7 mois, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur condition, sans être ni inquiétés ni délogés.
Mais les 67 jeunes opposants n’eurent pas droit au même traitement de faveur. Vers 1h du matin, ils furent soudainement et violemment embarqués par les forces de police, puis retenus en garde à vue pendant plus de dix-huit heures dans des conditions extrêmement pénibles, pour ne pas dire déplorables.
Face à une telle disproportion des méthodes répressives, face à un pouvoir qui révélait de plus en plus manifestement son vrai visage, et cherchait la division et l’affrontement quand il aurait fallu favoriser l’apaisement, nous avons réfléchi toute la nuit au moyen de réagir. Fallait-il se soulever et se radicaliser ? Le choix d’une action violente semblait désormais nécessaire pour se faire entendre d’un gouvernement qui enchaînait provocation sur provocation, traitant avec le plus grand mépris plusieurs centaines de milliers de Français légitimement inquiets de leur avenir, de celui de leurs enfants et de leur pays.
Mais au fil de la nuit, nous avons compris que la violence ne mènerait à rien, et qu’on ne pouvait s’ériger en défenseurs de la dignité humaine sans être en même temps garant de la paix sociale. Nous avons compris que la violence première se trouvait du côté d’une loi qui priverait bientôt les enfants d’un père ou d’une mère. Nous avons compris que notre colère, si légitime et si noble fût-elle, pouvait tout aussi bien s’exprimer de manière pacifique. Nous avons compris enfin que nous ne pourrions désarmer ces violences policières qu’en étant nous-mêmes non-violents.
Il n’y eut donc pas de concept ou de système préalable à la mise en place des Veilleurs. Non. Il n’y eut qu’une simple intuition, un sursaut naturel de la conscience, ce même sursaut qui conduisit Antigone à enterrer son frère Polynice contre les ordres de Créon. Convaincus de la gravité des évolutions en cours, nous ne pouvons nous empêcher de prendre pour modèles ces grandes voix prophétiques du XXème siècle qui, de Sophie Scholl à Jerzy Popieluszko, de Winston Churchill à Vaclav Havel, se sont courageusement levés pour réveiller une humanité en danger de mort.
Alors, la nuit qui suivit les 67 gardes à vue, nous nous sommes assis sur une pelouse devant les Invalides, avec des bougies, pour veiller sur le respect des personnes. Pour rester vigilants, tandis que les consciences de nos concitoyens s’étaient endormies dans une mortelle indifférence.
Nous sommes aussi venus avec quelques textes de littérature que nous aimons, parce que nous avons eu l’intuition très forte qu’outre la non-violence, la culture serait l’arme la plus juste contre un pouvoir qui, par cette loi, rompait avec des siècles voire des millénaires de sagesse humaine.
Oui, l’adoption de cette loi est la conséquence d’une véritable démission de la pensée. Estimant à la suite d’Hannah Arendt que les pires drames de l’Histoire se sont produits parce que les hommes ont cessé de penser, nous avons choisi de réveiller les voix des grands penseurs dont nous relisons les écrits, soir après soir.
Cinquante lors de la première veillée, nous avons vu notre nombre multiplié par dix au bout de cinq jours seulement. Voilà maintenant douze semaines que nous nous rassemblons, dans le calme le plus absolu. Le mouvement, parti de Paris, a rapidement embrasé toute la France. Les villes de Province ont en effet mis en place leurs propres veillées, de manière spontanée et autonome, sans recevoir de directives de Paris. Les Veilleurs sont désormais présents dans plus de 150 villes en France, et dans une douzaine de pays à l’étranger. Cet embrasement révèle, en France, et bien au-delà, l’existence d’une réelle soif : la soif de reconstruire le sens de l’homme et de sa dignité face à des idéologies qui le menacent. La soif de retisser le lien social d’une société pulvérisée par plusieurs siècle d’individualisme, un individualisme grossissant qui laisse la personne radicalement seule et démunie, notamment en ces temps de crise, et qui détruit les moindres aspirations de l’homme en le réduisant à ses désirs immédiats, afin de le circonscrire dans une vision à court terme, sans souci des générations qui pourront venir après lui, et sans gratitude pour celles qui l’ont fait naître.
Dimanche dernier, à Paris, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant les Invalides. Nous choisissons généralement de faire nos veillées en un lieu de mémoire ou de pouvoir, en lien avec le thème que nous abordons lors de nos veillées. Celles-ci sont ponctuées de lectures de textes, de discours d’intervenants (psychiatres, légistes, personnalités politiques, artistiques ou religieuses, pères ou mères de familles, enfants adoptés, personnes homosexuelles, etc). Les Veilleurs restent assis en silence : ils applaudissent à la manière des personnes malentendantes, pour ne pas troubler le calme de la nuit, et manifester ainsi leur non-violence absolue et leur respect pour la parole d’autrui. Ce silence est interrompu par des chants que nous reprenons en cœur, notamment le chant de l’Espérance et le chant des Partisans.
Nos rassemblements sont non confessionnels et non-partisans : ils entendent être ouverts à toutes les personnes, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs convictions religieuses, car la défense de la dignité humaine est un combat qui dépasse toutes sortes de clivages, et qui doit pouvoir rassembler les citoyens dans un même réveil des consciences.
Nos veillées sont la plupart du temps suivies d’une marche dans Paris vers un lieu symbolique. Nous sommes alors rapidement encerclés par les forces de police, et souvent soumis à des sommations. Chaque veilleur est libre de rester ou de partir. Nous demeurons sur place jusqu’au temps que nous avons fixé, sans obéir aux sommations : par cette modeste transgression, nous posons un acte de désobéissance civile destiné à manifester notre résistance et l’irrépressible liberté de la marche de nos consciences. Malgré les sommations nombreuses que nous avons pu recevoir, les quelques interpellations et les intimidations que les animateurs ont pu subir, aucun veilleur n’a jamais été emmené en garde à vue, ce qui est assez surprenant dans un contexte où les opposants au mariage homosexuel sont arrêtés à tout va.
Comment expliquer cette relative tolérance à notre égard ? Nous avons pu constater à quel point les forces de l’ordre étaient embarrassées et divisées face à nous. Il est en effet très délicat d’embarquer des personnes qui n’entravent pas la circulation, ne font pas de bruit, récitent des poésies et proclament, à la suite de Dostoïevski, que « la beauté sauvera le monde ». Apparemment inoffensive, cette révolution intérieure, culturelle et spirituelle que nous avons lancée est bien plus subversive qu’il n’y paraît. Elle contamine notamment les forces de l’ordre qui nous entourent. Un veilleur a pu discuter avec l’un d’eux dimanche dernier, et le policier lui a confié : « Nous sommes entre 80 et 90% à être de votre côté. Nous sommes de plus en plus écoeurés par les ordres très sévères que nous recevons contre les opposants au mariage homosexuel, alors même qu’on nous a demandé, lors de la manifestation des antifascistes, de ne pas intervenir, tandis que nous assistions au cassage du quartier de la Bastille. » Certains CRS rient de bon cœur avec nous, d’autres obéissent aux ordres en nous faisant savoir qu’ils le font à contre-cœur. Lors d’une veillée, nous avons lu un discours du général McArthur sur la jeunesse, et un gendarme, qui connaissait ce discours par cœur, l’a récité en même temps que nous. Oui, cette flamme que nous allumons est contagieuse.
Les Veilleurs entendent donner l’étincelle qui permettra l’embrasement d’un véritable réveil des consciences, par la médiation de la culture, de la pensée et des arts. A chaque veillée, depuis le mois de juin, nous demandons aux personnes présentes de prendre un moment de silence pour penser à l’engagement concret qu’elles pourront prendre, dès le lendemain, chacune selon son charisme propre, pour promouvoir à l’intérieur des associations, quels qu’ils soient, à l’intérieur des syndicats, des partis politiques existants ou des médias, le sens de l’homme que nous défendons. Nous assistons à la naissance d’une génération qui a enfin saisi le sens de la citoyenneté et de l’engagement, et qui est porteuse d'espérance pour l’avenir.
L’Europe, actuellement, a choisi de suivre la voix trompeuse des Sophistes, plutôt que la sage pensée des Philosophes. Oui, l’Europe est en train de perdre son âme dans une illusion démiurgique digne de Protagoras, lorsqu’elle affirme que l’homme est la mesure de toute chose, et qu’il peut à sa guise nier la réalité et vider les mots de leurs sens - je pense notamment au mariage, à la filiation et à l'altérité et la complémentarité sexuelles.
Nous, Veilleurs, refusons de nous laisser fourvoyer par ces sophistes des temps modernes, et répondons à la suite de Socrate que si l’homme est la mesure de toute chose, alors la folie devient la mesure de toute chose. Oui, à la suite de Socrate, nous sommes prêts à obéir à la seule voix de notre conscience, malgré le blâme ou la condamnation publique, par amour pour la Sagesse et pour la Vérité, par amour pour notre Cité et pour l’Homme."
Source : page Facebook des Veilleurs -Officiel.
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Rapport de l'ECLJ au Conseil de l'Europe et à l'ONU - Manif pour tous: 114 témoignages de répression
Ce rapport constitué de 114 "Témoignages de répressions policières lors des Manifs pour tous" a été constitué par le EUROPEAN CENTRE FOR LAW AND JUSTICE.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Nous publions aussi la lettre de M. Puppinck accompagnant le dossier qu'il nous fait parvenir.
Lettre du directeur de l'ECLJ, Grégor Puppinck
Madame, Monsieur,
Vous trouverez ci-joint le rapport public présenté ce jour à 13h au Conseil de l’Europe lors de l’audition sur la « Manif pour Tous et la répression policière » organisée en marge de la session de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette audition est organisée par le Parti Populaire Européen (Groupe politique PPE) et le European Centre for Law and Justice, en présence de M. Luca Volontè, président du Groupe PPE, de Mme Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour Tous, de Mme Béatrice Bourges, du Printemps Français, de Madeleine Bazin et Jean-Baptiste Achard, des Veilleurs.
Ce rapport contient plus d’une centaine de témoignages de personnes victimes d’abus policiers ayant eu lieu à l’encontre du mouvement social de défense de la famille et de contestation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption d’enfants aux couples de même sexe. Pour la plupart, ces témoignages nous ont été communiqués par les avocats des victimes. Ils permettent de recouper, de corroborer et d’attester des faits qui, pour un pays tel que la France, sont graves et sans précédant depuis plusieurs décennies.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Il viendra documenter les diverses procédures actuellement initiées auprès de ces instances par des victimes, des élus et des ONG.
Avec mes sincères salutations,
Grégor PUPPINCK
Directeur
European Centre for Law and Justice
4, Quai Koch
67000 Strasbourg, France
Phone : + 33 (0)3 88 24 94 40
Fax : + 33 (0)3 88 24 94 47
http://www.eclj.org
TÉMOIGNAGES DE VICTIMES DE Répressions POLICIÈRES en France
À L’OCCASION DE MANIFESTATIONS ET DE RASSEMBLEMENTS CONTRE LA LOI TAUBIRA
Ces témoignages ont été communiqués par :
Isabelle Bredy
Avocat à paris
5 rue François Ponsard 75016 Paris
Cyrille Dutheil de La Rochère Avocat à la Cour
88 bis boulevard de la Reine 78000 VERSAILLES
Ghislain Frèrejacques Avocat à la Cour
5 Rue Boudreau 75009 Paris
Stéphane Maitre
Avocat au barreau de Paris 4, rue Brunel,
75017 Paris
Jérôme Triomphe
Avocat à la Cour
37, quai des Grands Augustins 75006 Paris
Présentation : Christophe Foltzenlogel
Le Centre européen pour le droit et la justice est une organisation non- gouvernementale internationale dédiée à la promotion et à la protection des droits de l'homme en Europe et dans le monde.
L'ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations- Unies/ECOSOC depuis 2007. L'ECLJ agit dans les domaines juridiques, législatifs et culturels. L’ECLJ défend en particulier la protection des libertés de conscience, de religion et d’expression, de la vie et de la dignité de la personne auprès de la Cour européenne des droits de l'homme et au moyen des autres mécanismes institués par l'Organisation des Nations-Unies, le Conseil de l'Europe, le Parlement européen et l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).
L'ECLJ fonde son action sur « les valeurs spirituelles et morales qui sont le patrimoine commun des peuples [européens] et qui sont à l'origine des principes de liberté individuelle, de liberté politique et de prééminence du droit, sur lesquels se fonde toute démocratie véritable » (Préambule de la Statut du Conseil de l'Europe).
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Témoignages de répressions policières lors des « manifs pour tous »
Présentation
Ce rapport contient une centaine de témoignages de personnes victimes d’abus policiers ayant eu lieu à l’encontre du mouvement social de défense de la famille et de contestation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption d’enfants aux couples de même sexe. Pour la plupart, ces témoignages nous ont été communiqués par les avocats des victimes. Ils permettent de recouper, de corroborer et d’attester des faits qui, pour un pays tel que la France, sont graves et sans précédant depuis plusieurs décennies.
En effet, depuis fin 2012, de très nombreux français ont manifesté pacifiquement dans toute la France pour défendre la famille et les droits des enfants contre une loi nouvelle créant un droit à l'adoption d'enfants et au mariage par les couples de même sexe. Par son ampleur, ce mouvement social est le plus important en France depuis Mai 1968.
Les trois grandes manifestations ainsi que les « veillées » se sont déroulées dans une atmosphère pacifique et familiale ; elles n’ont occasionné aucune dégradation de biens privés ou de mobilier urbain. Le gouvernement a répondu à ce mouvement de façon inacceptable dans une démocratie, comme s’il s’agissait d’un mouvement violent. Il a menacé de l'interdire, il le réprime par l'usage abusif de gaz lacrymogènes contre la foule, par des violences policières, des arrestations et des détentions arbitraires par centaines.
Ainsi, entre autres faits, du 24 au 26 mai, environ 350 personnes ont été interpellées et détenues en garde à vue jusqu'à trois jours durant. Sur ces 350 personnes, sept seulement ont été condamnées, et très légèrement. Les autres arrestations étaient arbitraires et visaient à stopper le mouvement social, en violation des libertés fondamentales d’expression et de manifestation.
En plus de ces 350 arrestations, des centaines d'autres personnes ont été arrêtées et retenues pendant plusieurs heures au prétexte de contrôles d'identités. Souvent, elles ont été arrêtées « au faciès », parce qu'elles portaient un vêtement marqué du symbole du mouvement.
A aucun moment, la légalité de ces arrestations n'a été contrôlée par un magistrat indépendant, ce qui démontre un dysfonctionnement grave et structurel des procédures de contrôles d'identités et de gardes à vues qui sont employées comme des sanctions infligées arbitrairement, sans jugement.
Les identités et empreintes des manifestants arrêtés sont à présent conservées par la police, en violation de leurs droits, comme cela a été jugé par la Cour européenne des droits de l’homme dans un arrêt M. K. contre France du 18 avril 2013 (19522/09). L’ECLJ demande en conséquence que les noms des personnes interpellées et non poursuivies soient effacés des fichiers.
Alors que nous écrivons ces lignes, l’ECLJ partage l’inquiétude de très nombreuses personnes suite à la condamnation de Nicolas Bernard-Buss. Etudiant parisien de 23 ans, il a été arrêté dimanche 16 juin sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris après une manifestation non violente. Poursuivi pour rébellion lors de son arrestation, il a été condamné mercredi 19 juin à quatre mois de prison dont deux ferme et immédiatement incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis. Il a été mis à l’isolement. Pourtant, aucun acte de violence contre les personnes ou les biens ne lui est reproché par les juges.
Ces pratiques doivent cesser, être dénoncées et condamnées.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Il viendra documenter les diverses procédures actuellement initiées auprès de ces instances par des victimes, des élus et des ONG. Le cas échéant, il sera actualisé.
La parole est aux victimes.
Grégor Puppinck,
Directeur de l’ECLJ
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Témoignages de répressions policières lors des « manifs pour tous »
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Les différents témoignages du rapport sont explicités sur les liens suivants :
Sources : site de l'agence Zenit
Rapport en pdf sur le site NDF
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dimanche 23 juin 2013
Liberté pour Nicolas !
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jeudi 20 juin 2013
Soutien à Nicolas B., membre des Veilleurs, condamné à de la prison ferme !
Le récit de son avocat pendant la manifestation de soutien au Panthéon
L'interview de ses parents dans le journal La Croix : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Les-parents-de-Nicolas-B.-Apaisons-le-debat-2013-06-21-976786. Des parents intelligemment défenseurs de leur fils, à mon point de vue.
Il y a eu dès jeudi ce communiqué des Veilleurs - Officiel (site sur Facebook).
« Ne l'oubliez jamais : celui qui laisse commettre une injustice ouvre la voie à d'autres injustices. » (Willy Brandt)
Amis #Veilleurs
Nous avons tous été profondément choqués et consternés par la condamnation de Nicolas. Certains parmi vous ont pu être surpris que nous ne réagissions pas aussitôt, alors que Nicolas a cheminé un temps avec les Veilleurs. Nous avons d'abord souhaité prendre un moment de recul, dans un souci de prudence, afin d'être certains d'avoir en main tous les éléments de l'enquête.
Les Veilleurs entendent en effet être un mouvement paramédiatique, c'est-à-dire un mouvement qui agit non pas dans la précipitation d'une actualité qui lui est imposée par la presse, mais avec le recul que nécessite une action à la fois réfléchie, construite et pesée.
Nous avons donc contacté les avocats de Nicolas ce matin, et prenons désormais pleine conscience de l’injustice immense qui vient d’être commise et, à travers elle, de toutes les injustices passées et présentes occasionnées par de graves dysfonctionnements du pouvoir judiciaire en France.
Notre rôle est donc de continuer à veiller, plus que jamais, en prenant soin d’éviter l’écueil de la violence : l’émotion, la colère ou l’écœurement que nous pouvons ressentir, si légitimes soient-ils, doivent être exprimés de manière pacifique, comme nous l’avons toujours fait depuis le lancement des Veilleurs. Ne cédons pas à la tentation de l'activisme fébrile. Demeurons vigilants, mais apaisés. Alors seulement notre parole pourra être audible, constructive et réellement porteuse d'espérance pour l'avenir.
Les Veilleurs parisiens seront là pour accueillir Nicolas à sa sortie de prison que nous espérons rapide. Nous vous encourageons également à lui écrire* pour lui manifester votre soutien.
D’autre part, nous vous attendons plus nombreux et déterminés que jamais, dimanche 23 juin à 21h30, pour veiller sur l’intégrité de la Justice en France et faire porter les accents de notre espérance, depuis les Invalides, jusqu’aux geôles de Fleury-Mérogis.
* Pour écrire à Nicolas, mettre vos nom et prénom ainsi que l'adresse au dos de l'enveloppe : "M. Nicolas BERNARD BUSS" n° 404 247 // D-3; M.A de Fleury; 7, avenue des peupliers; 91 700 FLEURY-MEROGIS
Je trouve cette condamnation, avec la complicité des 4 pouvoirs en France, exécutif, judiciaire, législatif et médiatique, tout à fait inadmissible. En effet, elle montre qu'il y a 2 poids 2 mesures. L'article suivant sur Aleteia le montre bien:
http://www.aleteia.org/fr/politique/actualites/manif-pour-tous-le-premier-prisonnier-2090005
Il a reçu également le soutien de Mgr Aillet, dont le communiqué est ici:
http://www.diocese-bayonne.org/spip.php?article3680
La Manif pour Tous a également réagi par deux communiqués:
http://www.lamanifpourtous.fr/fr/toutes-les-actualites/646-condamnation-disproportionnee-de-nicolas-b
http://www.lamanifpourtous.fr/fr/toutes-les-actualites/647-cp-pour-la-libe-ration-de-nicolas
Une pétition, entre autres initiatives de soutien, est disponible ici:
http://www.soutien-nicolas.com/
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