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samedi 14 janvier 2017

Dieu crée les êtres vivants mais pas la vie



Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, a publié un petit livre d'une remarquable densité qui questionne la relation entre progrès scientifique et progrès humain. Son titre est : "Construisons-nous une société humaine ou inhumaine ?". Tout l'ouvrage est passionnant ; je l'ai lu avec très grand intérêt. Le chapitre qui m'a le plus interpelé est le premier chapitre, intitulé "La vie".

Il introduit la distinction entre la vie et le vivant. Il met en lumière les dérives bio-éthiques actuelles, pour lesquelles la valeur absolue n'est plus la vie mais le vivant, qui définissent des normes pour qu'une vie vaille d'être vécue et définissent des seuils d'humanité en deçà desquels la vie n'aurait pas de valeur. Et il apporte à ces dérives la réponse de la Bible (page 28).

Dieu crée les êtres vivants mais pas la vie
Dans la Genèse chapitre 1 (heptameron) au cinquième jour, la Parole de Dieu fait advenir les êtres vivants dans les eaux et dans les airs, au sixième jour, les êtres vivants sur la Terre. Puis le même jour, l'homme, à son image.
Genèse 2 : C'est par l'haleine de vie de Dieu que l'homme devient un être vivant.

Il y a donc les vivants et la Vie. Les vivants sont ceux qui existent et la vie est un don de dieu.
Plus encore, la Vie : c'est Dieu qui se donne.


Ce texte est très beau. Plus loin il explique que mettre la main sur la vie est mortifère, et que la vie est la valeur absolue, car la Vie c'est Dieu !

Source : Construisons-nous une société humaine ou inhumaine ? Michel Aupetit (2016), EditionsduMoulin.com

dimanche 11 décembre 2016

Décret de Damase (382)



Nous fêtons aujourd'hui le pape saint Damase 1er (305-384). Celui-ci est connu par plusieurs de ces actions. Celle qui nous intéresse aujourd'hui est le "décret de Damase", publié lors du concile de Rome réuni en 382, qui établit la liste du canon des Écritures Saintes. Il sera repris ensuite in extenso à divers moments, dont de façon très solennelle au concile œcuménique de Trente (1545-1563).


Il nous faut maintenant parler des divines Écritures, de ce que reçoit l'Église catholique universelle et de ce qu'elle doit éviter.

On commence par l'ordre de l'Ancien Testament. Genèse, un livre ; Exode, un livre ; Lévitique, un livre ; Nombres, un livre ; Deutéronome, un livre ; Jésus Navé, un livre ; Juges, un livre ; Ruth, un livre ; Rois, quatre livres ; Paralipomènes, deux livres ; Cent cinquante Psaumes, un livre ; Salomon, trois livres : Proverbes, un livre, Ecclésiaste, un livre, Cantique des Cantiques, un livre ; encore, Sagesse, un livre ; Ecclésiastique, un livre.

Puis l'ordre des prophètes, Isaïe, un livre ; Jérémie, un livre, avec Cinoth, c'est-à-dire ses Lamentations ; Ézéchiel, un livre ; Daniel, un livre ; Osée, un livre ; Amos, un livre ; Michée, un livre ; Joël, un livre ; Abdias, un livre ; Jonas, un livre ; Nahum, un livre ; Habacuc, un livre ; Sophonie, un livre ; Aggée, un livre ; Zacharie, un livre ; Malachie, un livre.

Puis l'ordre des histoires. Job, un livre ; Tobie, un livre ; Esdras, deux livres ; Esther, un livre ; Judith, un livre ; Macchabées, deux livres.

Puis l'ordre des Écritures du Nouveau et éternel Testament, que l'Église sainte et catholique reçoit. Évangiles : un livre selon Matthieu, un livre selon Marc, un livre selon Luc, un livre selon Jean.

Les épîtres de Paul, au nombre de quatorze : une aux Romains ; deux aux Corinthiens ; une aux Éphésiens ; deux aux Thessaloniciens ; une aux Galates ; une aux Philippiens ; une aux Colossiens ; deux à Timothée ; une à Tite ; une à Philémon ; une aux Hébreux.

Ensuite l'Apocalypse de Jean, un livre.

Et les Actes des Apôtres, un livre.

Puis les épîtres canoniques, au nombre de sept : deux épîtres de l'apôtre Pierre, une épître de l'apôtre Jacques, une épître de l'apôtre Jean, deux épîtres de l'autre Jean, le presbytre, une épître de l'apôtre Jude le zélote.

Tel est le canon du Nouveau Testament.

Source : site Documenta Catholica Omnia.

samedi 28 mai 2011

La lutte de Jacob avec Dieu : symbole de la prière


Lors de l'audience générale du mercredi 25 mai 2011, le pape Benoît XVI a abordé l'épisode de la lutte de Jacob avec Dieu. Le tableau de Delacroix (ci-dessus) s'intitule le combat de Jacob avec l'ange, mais c'est la même référence au chapitre 32 de la Genèse Ce tableau se situe dans l'église Saint-Sulpice à Paris. Un détail de ce tableau m'a servi d'avatar. Voici ce que le saint Père a dit lors de la synthèse de son propos en français.

"Seul dans la nuit, le Patriarche est assailli à l’improviste par quelqu’un de mystérieux qu’il n’arrive pas à identifier à cause de l’obscurité. Jacob se défend vaillamment et demande le nom de son rival qui répond par la même question. En donnant son nom, Jacob se rend et devient paradoxalement vainqueur. L’être mystérieux lui donne alors un nouveau nom : Israël qui signifie : Dieu est fort, Dieu triomphe. Cette nouvelle identité témoigne de la victoire de Dieu, qui donne gratuitement la bénédiction à Jacob.

La tradition spirituelle de l’Église a retenu de ce récit le symbole de la prière comme combat de la foi et victoire de la persévérance. C’est la longue nuit de la recherche de Dieu, de la lutte comme en un corps à corps symbolique, pour connaître son nom et voir son visage. Nuit de la prière et du désir de Dieu, qui culmine dans un abandon de soi à sa miséricorde. Chers amis, toute notre vie est comme cette longue nuit de combat et de prière, habitée par le désir de la bénédiction divine, qui, reçue avec humilité, nous change réellement et nous donne une nouvelle identité."

Source : agence Zenit
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samedi 9 janvier 2010

Quatre mots grecs pour dire aimer



Le grec utilise quatre termes pour dire aimer : stergein, eran, philein, agapan. D'après le cours de théologie morale du P. Michel LABOURDETTE (op) :

Stergein, spécialisé dans l'amour des parents pour les enfants, ne paraît pas dans la Bible grecque. Eran, “aimer passionnément, désirer avoir”, était trop compromis dans l'idée de l'amour charnel (seule conservée dans les dérivations françaises : érotisme). Platon l'avait élevé à des significations plus pures, en développant la dialectique de l'amour. La Septante (traduction de la Bible en grec avant la naissance du Christ) l'a utilisé quelquefois pour désigner l'amour passionné de la Sagesse (Prov. 4, 6 ; Sap. 8, 2). Le Nouveau Testament ne l'emploie pas.

Restent les deux verbes agapan et philein, dont les nuances sont instructives. philein, c'est l'affection vive, le sentiment profond d'attachement ; agapan met en avant l'idée de choix, d'élection libre, d'amour qui donne plus qu'il ne s'éprouve. Pour exhorter à aimer un ennemi, on ne dira pas philein, car, même si le sentiment d'affection vient, il n'est pas premier ; on dira agapan, parce que c'est avant tout une volonté, un choix.

Le
Père Réal sur son blog dit à peu près la même chose.

1- Stergein : désigne l’amour des parents pour leurs enfants.

2- Eran (du mot eros) : désigne l’amour qui désire quelque chose, amour centré sur soi.

3- Philein : désigne l’amour chargé de sensibilité, d’affection entre amis, d’amitié. C’est de ce mot que vient le mot philosophie qui veut dire amour de la sagesse.

4- Agapan : désigne un amour de préférence, un amour de choix, où l’intelligence et la volonté portent à aimer quelqu’un plus qu’un autre.

C’est le mot “agapan” que saint Paul a utilisé dans son hymne à l’amour. C’est cet amour intelligent et volontaire que saint Paul nous invite à faire grandir dans notre vie pour vraiment accomplir quelque chose. Avec la foi et l’espérance, l’amour “agapan” est une vertu théologale [...]

Alors, cet amour saint Paul nous montre bien que c’est un amour actif et non pas perdu dans les vapeurs. Saint Paul écrit : “l’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.”

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