L'encyclique Lumen Fidei, lumière de la Foi, est parue le 5 juillet 2013. Elle a été préparée par Benoît XVI pour l'année de la foi que nous vivons et a été publiée, sous une version définitive, par le nouveau pape François. C'est une excellente nouvelle.
Notre archevêque, Mgr Carré, présente la première encyclique du Pape François sur KTO.
Le texte est disponible sur le site du Vatican.
Aujourd'hui nous fêtons saint Thomas l'apôtre. Thomas ne semble pas être un nom avant le IIe siècle, il est donc probable que le prénom Thomas vienne du personnage historique des débuts du christianisme (source: Wikipédia). Le site Nominis, toujours intéressant, le présente rapidement.
Thomas appelé Didyme (le Jumeau) fait partie du petit groupe de ces
disciples que Jésus a choisis, dès les premiers jours de sa vie
publique, pour en faire ses apôtres. Il est "l'un des Douze" comme le
précise saint Jean (Jean 20. 24).
Le même Jean nous rapporte plusieurs interventions de Thomas, qui nous
révèlent son caractère. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie
au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui
rappellent: "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider."
Thomas dit alors aux autres disciples: "Allons-y, nous aussi, pour
mourir avec lui." Dans cette parole est préfiguré le martyre futur de
celui qui, dès le début, a donné sa vie à Jésus. Lors du dernier repas,
lorsque Jésus annonce son départ, c'est Thomas, la gorge nouée sans
doute, qui pose la question :"Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment saurions-nous le chemin?" -
"Je suis le chemin, la vérité et la vie", répond Jésus. Mais, c'est
grâce à ses questions et à ses doutes que Thomas, doit sa célébrité. Le
voici qui revient d'on ne sait où: "Nous avons vu le Seigneur!" - "Si je
ne vois pas dans les mains la marque des clous, si je ne mets pas ma
main dans son côté, non, je ne croirai pas." Pour la postérité, il a
reçu le qualificatif d'Incrédule. C'est grâce à cette incrédulité, à cet
esprit scientifique pourrait-on dire, qui ne croit que ce qu'il a
vérifié, que nous devons la certitude qui nous habite. On oublie souvent
que Thomas est surtout le premier qui, devant le mystère des plaies du
Christ ressuscité, a donné à Jésus son véritable titre: "Mon Seigneur et
mon Dieu."
Source : site Nominis
Très intéressante chronique de Guillaume de Prémare sur Radio Espérance du 28 juin 2013, qu'on peut entendre sur ce lien et lire ci-dessous. Elle a le mérite de bien poser les problèmes, à l'intérieur même de l'Eglise de France, de ceux qui ont été dérangés par la mobilisation de la Manif pour tous, tout en proposant une ouverture.
Ite missa est : la messe de requiem de l’enfouissement est-elle dite ? Dans La Croix du 31 mai dernier, Bruno Frappat, pointure historique du quotidien catholique, a la franchise de dire ce qu’il a sur le cœur. Et manifestement, il en a gros sur la patate : lui et ses semblables ont mal vécu le tournant amorcé dans l’Eglise depuis Jean-Paul II, les deux derniers papes ayant « incarné une présence au monde différente de leurs rêves d’enfouissement ».
Et voici que le nouveau pape François en rajoute une grosse louche dimanche dernier, lançant un vibrant appel aux jeunes : « N'ayez pas peur d'aller à contre-courant, lorsqu’on vous propose des valeurs avariées, comme peuvent l'être les aliments. Ayez cette fierté d'aller à contre-courant. » Voilà l’esprit de notre jeunesse en quelque sorte adoubé : une jeunesse fière, audacieuse, fougueuse, courageuse, intrépide, créative ; une jeunesse frondeuse, une jeunesse bien vivante ! Ces jeunes ne sont pas de gentils petits poissons iréniques, mais d’énergiques rameurs : à contre-courant de l’hégémonie culturelle qui imprègne les mœurs au sens large, à contre-courant de la téloche en quelque sorte.
Car voilà, le levain ne peut plus être enfoui discrètement et sagement dans la pâte quand celle-ci est avariée par le poison des fausses valeurs mondaines, celui des nouvelles mœurs ou de la « dictature de l’argent », qui vont ensemble.
Ainsi, c’est bien un certain mode de présence au monde qui semble périmé. Cet enfouissement des années 60-70 portait la conviction que l’irréversible courant du monde allait nécessairement dans le bon sens et qu’il fallait précisément se laisser porter pour le bonifier. Il y avait l’idée de progrès continu, de sens de l’histoire, d’âge adulte du monde et de l’Eglise, enfin tous deux réconciliés. Las ! Cet âge adulte de l’humanité était un leurre, un rêve d’adolescents.
La sociologie des profondeurs a changé. Les aspirations profondes de ceux que les animateurs télé appellent les « vrais gens » ne sont plus d’abord l’émancipation, mais – tout au contraire – le besoin d’autorité, de repères, d’identité, de sécurité. Sur ce plan, notre jeune génération catholique est bien de son temps. Et – paradoxe ! - c’est l’hégémonie culturelle qui semble de plus en plus à contre-courant du réel, ce qui signe peut-être sa disparition prochaine. Par exemple, lutter contre la loi Taubira, c’est à contre-courant de la téloche, mais pas forcément à contre-courant du peuple.
Ce combat aura été un révélateur supplémentaire du malaise des chrétiens de « l’enfouissement » : mal à l’aise avec le projet de la gauche, mal à l’aise avec le mouvement social, le cul entre deux chaises ; et cette impression d’être écrasés parce que minoritaires dans leur « famille-Eglise ». Ce mouvement social, ils ne l’ont pas aimé, ils ne l’ont pas compris. En témoigne une tribune de Mgr Dagens, toujours dans La Croix, qui assimile la contestation à « la tentation du catholicisme intransigeant » des années 1900-1930. Enfin quoi ! Les catholiques sont-ils descendus dans la rue Bible et catéchisme à la main pour proclamer « Je suis chrétien voilà ma gloire ! » ? Non, ils sont descendus dans l’agora contemporaine comme citoyens intéressés aux préoccupations séculières du moment. Ils ont fait précisément ce que les enfouisseurs ont toujours prôné : entrer de manière séculière dans les débats séculiers, rejoindre le monde du même point de vue que le monde.
Et c’est là que les chrétiens de « l’enfouissement » ont – à mon avis – manqué l’occasion. Alors même que le catholicisme français les rejoignait sur les leçons – non périmées celles-là - de la sécularisation, ils ont manqué l’occasion d’amorcer leur propre mutation historique ; et celle de bonifier le mouvement social de leurs propres talents. Mais l’histoire n’est pas finie, elle ne fait que commencer. Ite missa est, en liturgie, c’est ce qu’on appelle l’envoi. A vos rames camarades !
Guillaume de Prémare
Source : site Belgicatho
Un message de la maman de Nicolas Bernard-Buss a été posté sur le site Fb de soutien. Je le reproduis ci-dessous. Son incarcération reste un scandale, mais on peut se réjouir que les conditions d'incarcération se soient un peu améliorées et qu'il y ait cette perspective de libération du 9 juillet, bien tard tout de même... trop tard !!!! Cette tache restera sur la Présidence de François Hollande, avec les restrictions aux libertés publiques à l'encontre des opposants à la loi sur le mariage et l'adoption. Le comportement des responsables politiques est indigne de la France.
[Message reçu de la maman de Nicolas]
Maryvonne Buss
Sujet: Des nouvelles de Nicolas
Cher tous,
Un immense merci pour votre soutien à Nicolas.
Il nous est difficile de vous répondre personnellement compte tenu du nombre de mails mais du moins pouvons-nous partager quelques nouvelles avec vous.
Après les premiers jours très rudes de sa période de détention, Nicolas va mieux.
Deux événements l'ont aidé à retrouver le moral :
-son transfert dans un nouveau bâtiment (le D3), avec une cellule rénovée et surtout une douche à disposition. Il n'avait pu en prendre aucune pendant 10 jours.
-l'annonce d'une date d'audience (le 9 juillet) qui examinera sa demande de mise en liberté.
Nicolas est très conscient de l'extraordinaire mobilisation en sa faveur, ne serait-ce que grâce aux lettres qu'il reçoit (plusieurs centaines par jour).
Il a aussi appris l'initiative toute récente des "Veilleurs debout", déjà présents dans 50 villes en France, et cela l'a beaucoup ému
Ses journées restent austères puisqu'il est à l'isolement (une mesure qui n'est pas spécialement punitive, mais plutôt protectrice). Cela signifie qu'il ne voit personne et prend tous ses repas dans sa cellule. Il peut sortir en promenade deux fois par jour mais uniquement avec des gardiens.
Il reçoit heureusement la visite de ses avocats, qui essaient de se relayer d'un jour sur l'autre, et de l'aumônier de son bâtiment.
De notre côté nous attendons toujours de pouvoir le visiter. Une autorisation de visite a été transmise aujourd'hui par le greffe pénal à Fleury Mérogis mais à l'intérieur même de la Maison d'arrêt, il faut plusieurs jours pour que la demande soit traitée.
La prison est une grosse machine administrative où tout prend du temps...
Plus que jamais Nicolas a besoin de vos prières, certes en faveur de sa libération mais au-delà et surtout, pour qu'il reste ferme dans ses convictions pacifiques et qu'il ressorte mûri de cette épreuve.
Avec toute notre amitié,
Maryvonne et Wojtek
Voici son adresse si vous souhaitez lui écrire :
Nicolas Buss
n° 404 247 // D3
M.A de Fleury
7 avenue des Peupliers
91700 Fleury Mérogis
Source : site de soutien à Nicolas sur Fb
C'est un événement important pour tous ceux, opposants à la loi sur le mariage et l'adoption par les homosexuels, qui ont eu à souffrir des restrictions aux libertés publiques en France, surtout depuis le 24 mars semble-t-il. Voici ce qu'en dit le site Aleteia. La vidéo est intéressante, car les quelques maladresses d'expression traduisent bien l'émotion des personnes qui sont intervenues pendant l'audience.
Lors de la procédure dite de débat d’urgence, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté ce 27 juin 2013 par 106 voix contre 15 et 14 abstentions une Résolution intitulée « Manifestations et menaces pour la liberté de réunion, la liberté des médias, et la liberté d’expression » (doc. 13258).
Cette résolution dont l’objet initial était de dénoncer la répression des manifestations en Turquie a été étendue à la situation française et aux évènements ayant eu lieu à Stockholm.
Par cette Résolution, « L’Assemblée déplore les récents cas de recours excessif à la force pour disperser les manifestants et réitère son appel aux autorités de veiller à ce que l’action de la police, si elle est nécessaire, reste proportionné » ; elle demande en outre à ces Etats de respecter les droits et libertés.
L’introduction dans cette résolution de la situation française fait suite à l’audience publique organisée le 26 juin 2013 à l’APCE à l’initiative du Parti Populaire Européen et du European Centre for Law and Justice, en présence notamment de Luca Volontè, député, de Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour Tous, de Béatrice Bourges, du Printemps française et de Madeleine et Jean-Baptiste, des Veilleurs. Durant cette audience fut présenté notamment un rapport présentant des témoignages de victimes de répressions policières.
Voici la vidéo de l'audience au conseil de l'Europe et le texte final de la résolution ("Manifestations et menaces pour la liberté de réunion, la liberté des médias et la liberté d'expression").
Source : site Aleteia
Discours des Veilleurs (Madeleine et Jean-Baptiste) au Conseil de l'Europe le 26 juin 2013 sur "la Manif pour Tous et la répression policière"
"Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, alors que le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe allait être adopté par le pouvoir législatif en France, au terme d’un processus parlementaire accéléré, 67 jeunes opposés au mariage homosexuel décidèrent de camper pacifiquement et sans bruit devant l’Assemblée nationale. La chose n’était pas inédite : entre autres exemples, des enfants de harkis avaient déjà choisi de camper sur ce lieu, en 2009, pendant 7 mois, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur condition, sans être ni inquiétés ni délogés.
Mais les 67 jeunes opposants n’eurent pas droit au même traitement de faveur. Vers 1h du matin, ils furent soudainement et violemment embarqués par les forces de police, puis retenus en garde à vue pendant plus de dix-huit heures dans des conditions extrêmement pénibles, pour ne pas dire déplorables.
Face à une telle disproportion des méthodes répressives, face à un pouvoir qui révélait de plus en plus manifestement son vrai visage, et cherchait la division et l’affrontement quand il aurait fallu favoriser l’apaisement, nous avons réfléchi toute la nuit au moyen de réagir. Fallait-il se soulever et se radicaliser ? Le choix d’une action violente semblait désormais nécessaire pour se faire entendre d’un gouvernement qui enchaînait provocation sur provocation, traitant avec le plus grand mépris plusieurs centaines de milliers de Français légitimement inquiets de leur avenir, de celui de leurs enfants et de leur pays.
Mais au fil de la nuit, nous avons compris que la violence ne mènerait à rien, et qu’on ne pouvait s’ériger en défenseurs de la dignité humaine sans être en même temps garant de la paix sociale. Nous avons compris que la violence première se trouvait du côté d’une loi qui priverait bientôt les enfants d’un père ou d’une mère. Nous avons compris que notre colère, si légitime et si noble fût-elle, pouvait tout aussi bien s’exprimer de manière pacifique. Nous avons compris enfin que nous ne pourrions désarmer ces violences policières qu’en étant nous-mêmes non-violents.
Il n’y eut donc pas de concept ou de système préalable à la mise en place des Veilleurs. Non. Il n’y eut qu’une simple intuition, un sursaut naturel de la conscience, ce même sursaut qui conduisit Antigone à enterrer son frère Polynice contre les ordres de Créon. Convaincus de la gravité des évolutions en cours, nous ne pouvons nous empêcher de prendre pour modèles ces grandes voix prophétiques du XXème siècle qui, de Sophie Scholl à Jerzy Popieluszko, de Winston Churchill à Vaclav Havel, se sont courageusement levés pour réveiller une humanité en danger de mort.
Alors, la nuit qui suivit les 67 gardes à vue, nous nous sommes assis sur une pelouse devant les Invalides, avec des bougies, pour veiller sur le respect des personnes. Pour rester vigilants, tandis que les consciences de nos concitoyens s’étaient endormies dans une mortelle indifférence.
Nous sommes aussi venus avec quelques textes de littérature que nous aimons, parce que nous avons eu l’intuition très forte qu’outre la non-violence, la culture serait l’arme la plus juste contre un pouvoir qui, par cette loi, rompait avec des siècles voire des millénaires de sagesse humaine.
Oui, l’adoption de cette loi est la conséquence d’une véritable démission de la pensée. Estimant à la suite d’Hannah Arendt que les pires drames de l’Histoire se sont produits parce que les hommes ont cessé de penser, nous avons choisi de réveiller les voix des grands penseurs dont nous relisons les écrits, soir après soir.
Cinquante lors de la première veillée, nous avons vu notre nombre multiplié par dix au bout de cinq jours seulement. Voilà maintenant douze semaines que nous nous rassemblons, dans le calme le plus absolu. Le mouvement, parti de Paris, a rapidement embrasé toute la France. Les villes de Province ont en effet mis en place leurs propres veillées, de manière spontanée et autonome, sans recevoir de directives de Paris. Les Veilleurs sont désormais présents dans plus de 150 villes en France, et dans une douzaine de pays à l’étranger. Cet embrasement révèle, en France, et bien au-delà, l’existence d’une réelle soif : la soif de reconstruire le sens de l’homme et de sa dignité face à des idéologies qui le menacent. La soif de retisser le lien social d’une société pulvérisée par plusieurs siècle d’individualisme, un individualisme grossissant qui laisse la personne radicalement seule et démunie, notamment en ces temps de crise, et qui détruit les moindres aspirations de l’homme en le réduisant à ses désirs immédiats, afin de le circonscrire dans une vision à court terme, sans souci des générations qui pourront venir après lui, et sans gratitude pour celles qui l’ont fait naître.
Dimanche dernier, à Paris, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant les Invalides. Nous choisissons généralement de faire nos veillées en un lieu de mémoire ou de pouvoir, en lien avec le thème que nous abordons lors de nos veillées. Celles-ci sont ponctuées de lectures de textes, de discours d’intervenants (psychiatres, légistes, personnalités politiques, artistiques ou religieuses, pères ou mères de familles, enfants adoptés, personnes homosexuelles, etc). Les Veilleurs restent assis en silence : ils applaudissent à la manière des personnes malentendantes, pour ne pas troubler le calme de la nuit, et manifester ainsi leur non-violence absolue et leur respect pour la parole d’autrui. Ce silence est interrompu par des chants que nous reprenons en cœur, notamment le chant de l’Espérance et le chant des Partisans.
Nos rassemblements sont non confessionnels et non-partisans : ils entendent être ouverts à toutes les personnes, quelles que soient leurs opinions politiques et leurs convictions religieuses, car la défense de la dignité humaine est un combat qui dépasse toutes sortes de clivages, et qui doit pouvoir rassembler les citoyens dans un même réveil des consciences.
Nos veillées sont la plupart du temps suivies d’une marche dans Paris vers un lieu symbolique. Nous sommes alors rapidement encerclés par les forces de police, et souvent soumis à des sommations. Chaque veilleur est libre de rester ou de partir. Nous demeurons sur place jusqu’au temps que nous avons fixé, sans obéir aux sommations : par cette modeste transgression, nous posons un acte de désobéissance civile destiné à manifester notre résistance et l’irrépressible liberté de la marche de nos consciences. Malgré les sommations nombreuses que nous avons pu recevoir, les quelques interpellations et les intimidations que les animateurs ont pu subir, aucun veilleur n’a jamais été emmené en garde à vue, ce qui est assez surprenant dans un contexte où les opposants au mariage homosexuel sont arrêtés à tout va.
Comment expliquer cette relative tolérance à notre égard ? Nous avons pu constater à quel point les forces de l’ordre étaient embarrassées et divisées face à nous. Il est en effet très délicat d’embarquer des personnes qui n’entravent pas la circulation, ne font pas de bruit, récitent des poésies et proclament, à la suite de Dostoïevski, que « la beauté sauvera le monde ». Apparemment inoffensive, cette révolution intérieure, culturelle et spirituelle que nous avons lancée est bien plus subversive qu’il n’y paraît. Elle contamine notamment les forces de l’ordre qui nous entourent. Un veilleur a pu discuter avec l’un d’eux dimanche dernier, et le policier lui a confié : « Nous sommes entre 80 et 90% à être de votre côté. Nous sommes de plus en plus écoeurés par les ordres très sévères que nous recevons contre les opposants au mariage homosexuel, alors même qu’on nous a demandé, lors de la manifestation des antifascistes, de ne pas intervenir, tandis que nous assistions au cassage du quartier de la Bastille. » Certains CRS rient de bon cœur avec nous, d’autres obéissent aux ordres en nous faisant savoir qu’ils le font à contre-cœur. Lors d’une veillée, nous avons lu un discours du général McArthur sur la jeunesse, et un gendarme, qui connaissait ce discours par cœur, l’a récité en même temps que nous. Oui, cette flamme que nous allumons est contagieuse.
Les Veilleurs entendent donner l’étincelle qui permettra l’embrasement d’un véritable réveil des consciences, par la médiation de la culture, de la pensée et des arts. A chaque veillée, depuis le mois de juin, nous demandons aux personnes présentes de prendre un moment de silence pour penser à l’engagement concret qu’elles pourront prendre, dès le lendemain, chacune selon son charisme propre, pour promouvoir à l’intérieur des associations, quels qu’ils soient, à l’intérieur des syndicats, des partis politiques existants ou des médias, le sens de l’homme que nous défendons. Nous assistons à la naissance d’une génération qui a enfin saisi le sens de la citoyenneté et de l’engagement, et qui est porteuse d'espérance pour l’avenir.
L’Europe, actuellement, a choisi de suivre la voix trompeuse des Sophistes, plutôt que la sage pensée des Philosophes. Oui, l’Europe est en train de perdre son âme dans une illusion démiurgique digne de Protagoras, lorsqu’elle affirme que l’homme est la mesure de toute chose, et qu’il peut à sa guise nier la réalité et vider les mots de leurs sens - je pense notamment au mariage, à la filiation et à l'altérité et la complémentarité sexuelles.
Nous, Veilleurs, refusons de nous laisser fourvoyer par ces sophistes des temps modernes, et répondons à la suite de Socrate que si l’homme est la mesure de toute chose, alors la folie devient la mesure de toute chose. Oui, à la suite de Socrate, nous sommes prêts à obéir à la seule voix de notre conscience, malgré le blâme ou la condamnation publique, par amour pour la Sagesse et pour la Vérité, par amour pour notre Cité et pour l’Homme."
Source : page Facebook des Veilleurs -Officiel.
Ce rapport constitué de 114 "Témoignages de répressions policières lors des Manifs pour tous" a été constitué par le EUROPEAN CENTRE FOR LAW AND JUSTICE.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Nous publions aussi la lettre de M. Puppinck accompagnant le dossier qu'il nous fait parvenir.
Lettre du directeur de l'ECLJ, Grégor Puppinck
Madame, Monsieur,
Vous trouverez ci-joint le rapport public présenté ce jour à 13h au Conseil de l’Europe lors de l’audition sur la « Manif pour Tous et la répression policière » organisée en marge de la session de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Cette audition est organisée par le Parti Populaire Européen (Groupe politique PPE) et le European Centre for Law and Justice, en présence de M. Luca Volontè, président du Groupe PPE, de Mme Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour Tous, de Mme Béatrice Bourges, du Printemps Français, de Madeleine Bazin et Jean-Baptiste Achard, des Veilleurs.
Ce rapport contient plus d’une centaine de témoignages de personnes victimes d’abus policiers ayant eu lieu à l’encontre du mouvement social de défense de la famille et de contestation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption d’enfants aux couples de même sexe. Pour la plupart, ces témoignages nous ont été communiqués par les avocats des victimes. Ils permettent de recouper, de corroborer et d’attester des faits qui, pour un pays tel que la France, sont graves et sans précédant depuis plusieurs décennies.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Il viendra documenter les diverses procédures actuellement initiées auprès de ces instances par des victimes, des élus et des ONG.
Avec mes sincères salutations,
Grégor PUPPINCK
Directeur
European Centre for Law and Justice
4, Quai Koch
67000 Strasbourg, France
Phone : + 33 (0)3 88 24 94 40
Fax : + 33 (0)3 88 24 94 47
http://www.eclj.org
TÉMOIGNAGES DE VICTIMES DE Répressions POLICIÈRES en France
À L’OCCASION DE MANIFESTATIONS ET DE RASSEMBLEMENTS CONTRE LA LOI TAUBIRA
Ces témoignages ont été communiqués par :
Isabelle Bredy
Avocat à paris
5 rue François Ponsard 75016 Paris
Cyrille Dutheil de La Rochère Avocat à la Cour
88 bis boulevard de la Reine 78000 VERSAILLES
Ghislain Frèrejacques Avocat à la Cour
5 Rue Boudreau 75009 Paris
Stéphane Maitre
Avocat au barreau de Paris 4, rue Brunel,
75017 Paris
Jérôme Triomphe
Avocat à la Cour
37, quai des Grands Augustins 75006 Paris
Présentation : Christophe Foltzenlogel
Le Centre européen pour le droit et la justice est une organisation non- gouvernementale internationale dédiée à la promotion et à la protection des droits de l'homme en Europe et dans le monde.
L'ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations- Unies/ECOSOC depuis 2007. L'ECLJ agit dans les domaines juridiques, législatifs et culturels. L’ECLJ défend en particulier la protection des libertés de conscience, de religion et d’expression, de la vie et de la dignité de la personne auprès de la Cour européenne des droits de l'homme et au moyen des autres mécanismes institués par l'Organisation des Nations-Unies, le Conseil de l'Europe, le Parlement européen et l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).
L'ECLJ fonde son action sur « les valeurs spirituelles et morales qui sont le patrimoine commun des peuples [européens] et qui sont à l'origine des principes de liberté individuelle, de liberté politique et de prééminence du droit, sur lesquels se fonde toute démocratie véritable » (Préambule de la Statut du Conseil de l'Europe).
EUROPEAN CENTRE FOR LAW AND JUSTICE
Témoignages de répressions policières lors des « manifs pour tous »
Présentation
Ce rapport contient une centaine de témoignages de personnes victimes d’abus policiers ayant eu lieu à l’encontre du mouvement social de défense de la famille et de contestation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption d’enfants aux couples de même sexe. Pour la plupart, ces témoignages nous ont été communiqués par les avocats des victimes. Ils permettent de recouper, de corroborer et d’attester des faits qui, pour un pays tel que la France, sont graves et sans précédant depuis plusieurs décennies.
En effet, depuis fin 2012, de très nombreux français ont manifesté pacifiquement dans toute la France pour défendre la famille et les droits des enfants contre une loi nouvelle créant un droit à l'adoption d'enfants et au mariage par les couples de même sexe. Par son ampleur, ce mouvement social est le plus important en France depuis Mai 1968.
Les trois grandes manifestations ainsi que les « veillées » se sont déroulées dans une atmosphère pacifique et familiale ; elles n’ont occasionné aucune dégradation de biens privés ou de mobilier urbain. Le gouvernement a répondu à ce mouvement de façon inacceptable dans une démocratie, comme s’il s’agissait d’un mouvement violent. Il a menacé de l'interdire, il le réprime par l'usage abusif de gaz lacrymogènes contre la foule, par des violences policières, des arrestations et des détentions arbitraires par centaines.
Ainsi, entre autres faits, du 24 au 26 mai, environ 350 personnes ont été interpellées et détenues en garde à vue jusqu'à trois jours durant. Sur ces 350 personnes, sept seulement ont été condamnées, et très légèrement. Les autres arrestations étaient arbitraires et visaient à stopper le mouvement social, en violation des libertés fondamentales d’expression et de manifestation.
En plus de ces 350 arrestations, des centaines d'autres personnes ont été arrêtées et retenues pendant plusieurs heures au prétexte de contrôles d'identités. Souvent, elles ont été arrêtées « au faciès », parce qu'elles portaient un vêtement marqué du symbole du mouvement.
A aucun moment, la légalité de ces arrestations n'a été contrôlée par un magistrat indépendant, ce qui démontre un dysfonctionnement grave et structurel des procédures de contrôles d'identités et de gardes à vues qui sont employées comme des sanctions infligées arbitrairement, sans jugement.
Les identités et empreintes des manifestants arrêtés sont à présent conservées par la police, en violation de leurs droits, comme cela a été jugé par la Cour européenne des droits de l’homme dans un arrêt M. K. contre France du 18 avril 2013 (19522/09). L’ECLJ demande en conséquence que les noms des personnes interpellées et non poursuivies soient effacés des fichiers.
Alors que nous écrivons ces lignes, l’ECLJ partage l’inquiétude de très nombreuses personnes suite à la condamnation de Nicolas Bernard-Buss. Etudiant parisien de 23 ans, il a été arrêté dimanche 16 juin sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris après une manifestation non violente. Poursuivi pour rébellion lors de son arrestation, il a été condamné mercredi 19 juin à quatre mois de prison dont deux ferme et immédiatement incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis. Il a été mis à l’isolement. Pourtant, aucun acte de violence contre les personnes ou les biens ne lui est reproché par les juges.
Ces pratiques doivent cesser, être dénoncées et condamnées.
Ce rapport va être remis aux organes compétents du Conseil de l’Europe et des Nations-Unies à Genève. Il viendra documenter les diverses procédures actuellement initiées auprès de ces instances par des victimes, des élus et des ONG. Le cas échéant, il sera actualisé.
La parole est aux victimes.
Grégor Puppinck,
Directeur de l’ECLJ
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Témoignages de répressions policières lors des « manifs pour tous »
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Phone : 33 (0)3 88 24 94 40 - Fax : 33 (0)3 88 24 94 47 http://www.eclj.org
Les différents témoignages du rapport sont explicités sur les liens suivants :
Sources : site de l'agence Zenit
Rapport en pdf sur le site NDF